Lexique lorrain
Les oculi de l’église de Chaligny

Nouvelle photo de groupe : les conscrits de la classe 1948

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Lexique du patois

Ce lexique n’est pas un dictionnaire de patois lorrain, mais un héritage familial et culturel.

Tous ces mots ont bercé mon enfance à Maron (Meurthe-et-Moselle) et chacun d’entre eux évoque un souvenir. Beaucoup ont ressurgi du tréfonds de ma mémoire, d’autres me viennent spontanément à l’esprit de préférence à leur équivalent français : ils me semblent tellement plus explicites !

Le patois est un langage avec ses mots, mais aussi des expressions et des tournures de phrases particulières.

Dans ce lexique apparaissent quelques mots français, car leur emploi, de manière usuelle, est presque exclusivement lorrain. Le patois lorrain, malmené par les pressions des apports extérieurs, survit avec ces mots qui émaillent toujours nos propos et nous relient à nos ancêtres, à notre village, à la Lorraine.

A - B - C - D - E - F - G - H - I - J - K - L - M - N - O - P - Q - R - S - T - U - V - W - X - Y - Z

A

altata ou haltata : qui est un peu dérangé, écervelé, irresponsable, hâbleur, fantasque (dialecte d’oïl)

ambèche ou embèche (n. f.) : récipient quelconque et, au sens figuré, une personne pas très dégourdie, maladroite

aouatte : petite houe

âties (faire des) : faire des manières

-atte (suffixe) : suffixe utilisé en Lorraine en lieu et place du suffixe français "-ette". Variante : "-otte".

attrapes (faire des) : faire des farces

accripoter (s’), se mettre à cripotons : se tenir à croupetons, dans la position d’une personne accroupie, le derrière sur ses talons

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B

babette (n. f.) : bonne du curé

bacèle (n. f.) : jeune fille

bassiner (v.) : faire une sérénade grotesque à un veuf ou à une veuve qui se remarie, abuser de la patience d’autrui en parlant sans discontinuité ou comme un enfant qui réclame sans arrêt la même chose

bassotter (v., 1761)

-  (emploi intr.) : bricoler, ne pas avancer dans son travail ; perdre son temps à un travail inutile ; travailler sans méthode ni soin ni ordre ; s’occuper à des futilités ; aller d’un travail à un autre sans en achever un seul.

-  (emploi tr.) : surtout dans les interrogations comme "qu’est-ce-que tu bassottes ?" pour exprimer un jugement défavorable sur le travail d’une personne

Bassotter est déjà utilisé en 1761. Il viendrait du verbe "basser" qui signifie secouer, agiter un liquide dans un récipient, brasser".

bassoteur, -euse (adj. et n., 1761) : personne qui bassotte

bat-beurre (n. m.) : baratte

baujotte ou bonjotte (n. f.) : petit panier à deux anses, panier peu profond, oblong et à bouts pointus, pour exposer des fruits, des haricots à écosser, etc. (longueur : environ 0,80 cm)

Vient du français "bougette" qui désignait au 12ème siècle un sac de cuir qu’on portait en voyage.

béheuter (v.) : tousser, toussoter

benjoindant (adj.) : à côté de et qui jouxte (la calougeotte benjoindant la grange)

berbis (n. f.) : une brebis

bertelle (n. f.) : une bretelle

beûgne (n. f.) : un coup, une bosse (personne, véhicule)

beûgner (se) (v.) : se cogner

beûlou (n., adj. : qui ne voit pas ou mal (sens propre et figuré)

bezon (adj.) : borné, sot

bian, bianche (adj.) : blanc, blanche

bisbille (n. f.) : dispute, fâcherie

bisbille (être en bisbille avec quelqu’un) (v.) : être fâché avec quelqu’un, avoir un sujet de discorde à propos de quelque chose

blouque (n. f.) : boucle (de cheveux)

bocate ou bique (n. f.) : chèvre, mauvaise bête. Les petits de la chèvre sont appelés biquis et le bouc est le boc. De là vient l’expression "bic et boc" signifiant hermaphrodite

bodate (n. f.) : le ventre, le nombril

bourrichon (se monter le) (v.) : se monter la tête

bracot (n. m.) : entrave, bois pendu au cou des vaches

branlée (n. f.) : feu vif et joyeux fait en intersaison avec des sarments de vigne pour casser la crudité

brayatte (n. f.) : la braguette du pantalon (voir expressions lorraines)

brimbelle (n. f.) : myrtille. Il y a une "fête de la brimbelle" à Bruyères, dans les Vosges

briquer (v.) : nettoyer

brizaque (n. et adj.) : un enfant qui brise tout, très turbulent

brochon (n. m.) : pot à lait

broncher (la vigne) (v.) : tailler la vigne

brûl (n. m.) : brûlé ("ça sent le brûl ici")

brûlot (n. m.) : eau de vie sucrée enflammée

broussiner (v.) : ("y broussine"), quand on veut parler d’une pluie fine et persistante

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C

caboulot (n. m.) : petit café, pas très bien réputé

câgneux, -euse (adj.) : pas droit, difforme (personne, objet)

caillon (n. m.) : désordre (pièce ou maison en désordre) avec parfois une notion de saleté.

Il est possible que le sens du mot "caillon" soit dérivé de l’ancien mot francoprenvencal "cayon ou caïon" qui désigne un cochon. Ce terme, originaire du Centre-Est, principalement de la région lyonnaise, est attesté en français depuis 1388. En Haute-Savoie, le cayon désigne la chair du cochon.

caillon (mettre le) : mettre le désordre

calougeotte (n. f.) : petite cabane

camp-volant, -e (n.) : tzigane, artisan ou marchand ambulant, mais aussi personne sans domicile fixe, vagabond. Les camps-volants fabriquaient souvent des paniers en osier que leurs femmes proposaient en faisant du porte à porte dans les villages.

Vient du français "camp volant" qui signifie un camp provisoire.

Camp-volants ou charpagnattes (Musée d'Orsay à Paris) (JPG)

Campement de "camp-volants" ou de "charpagnattes"
(Musée d’Orsay à Paris)

câncatte ou câcatte(n. f.) : une femme bavarde ou une religieuse

câncatter ou câncatter (v.) : bavarder (commérages)

cancoillotte (n. f.) : fromage à pâte molle fait avec du lait caillé

carne (n. f.) : sale type désagréable

cârotter : dérober, voler (de l’argent). Exemple : il m’a cârotté de 2 francs en me rendant la monnaie, c’t apôtre-là !

catiche (n. f.) : une poupée

cayatte (adj.) : roux, rousse

chambouler (verbe intranstif, sujet : être animé) : être en équilibre instable, vaciller, chanceler, tituber.

Attesté en Lorraine depuis 1808, ce mot va s’introduire dans le français standard familier à partir de 1915, mais avec un sens plus large : bousculer, mettre sens dessus-dessous.

chânattes (les) ou corpendants : chéneaux ou tuyaux d’écoulement des eaux de pluie.

chaouée (n. f.) : grosse averse, pluie abondante

chapouiller (se) (v.) : se taquiner entre enfants

charpagnatte (n.) : synonyme de "camp-volant, -e", désigne un tzigane nomade qui fabrique et vend des charpagnes et des paniers en osier.

charpagne (n. f.) : panier cylindrique profond à 2 anses, pour le linge ou le bois

chaûrée (n. f.) : suée, transpiration intense, soit à la suite d’un effort important, soit les bouffées de chaleur d’une femme au moment de sa ménopause

Mot dérivé de l’ancien wallon et de l’ancien picard. Il s’écrit normalement "chaurée", et l’accent circonflexe est ajouté seulement pour la prononciation.

chère sœur ou bonne sœur (n. f.) : une religieuse

cheûlard, cheûlarde (nom f. et m., adj.) : personne qui s’adonne à la boisson, ivrogne.

Dérivé du verbe "cheuler" utilisé vers 1620 en Bourgogne, ce mot entre dans le patois populaire parisien en 1870 grâce au livre du Franc-Comtois D. Poulot. Utilisé ensuite par Daudet en 1871, par Zola en 1877, il devient un terme argotique en 1881, mais disparait des dictionnaires d’argot à la fin du 20ème siècle.

cheûler (v.) : s’adonner à la boisson. Mot utilisé vers 1620 en Bourgogne.

chigner ou chignotter (v.) : pleurnicher

chique (n. f.) : billes, plus particulièrement les billes en terre cuite colorée ; "jouer aux chiques" : jouer aux billes ; "ça te coupe la chique.." : laisser sans voix.

"Nos pères nous rapportaient des billes de roulement ou des billes de concasseur, de l’usine ! Le plus "tripant" était de prendre à l’adversaire une jolie bille en acier tout brillant avec une bille en terre !"
Jean-Pierre R.-C.

chiquerie (n. f.) : une fabrique de chiques comme à Pont-Saint-Vincent (image ci-dessous)

Manufacture de billes à jouer et tonnellerie de Pont-Saint-Vincent (JPG)

Manufacture de billes à jouer

chouiner : pleurer

chnobotte (n. f.) : terme utilisé après la dernière guerre mondiale, et qui désigne des chaussures, dont la mode fut vraisemblablement apportée par les Américains. Ce mot est une déformation du mot "snow-boot". C’étaient des chaussons montants en feutre, portés avec une "ballerine" ou une bottine en caoutchouc. A la maison et à l’école, on enlevait simplement la partie "ballerine" ou la bottine en caoutchouc et on était en chaussons.

chpountz (n. m.) : désigne un Lorrain germanophone, un Alsacien, un Allemand, mais aussi un langage qu’on ne comprend pas : "parler le chpountz".

On suppose que ce mot fut introduit dans le patois lorrain en 1938, après la sortie du film de Marcel Pagnol : le Schpountz, mais aucune preuve ne permet de l’affirmer.

clarteux, clarteuse (adj. - avant 1775) : pièce ou logement qui reçoit beaucoup de lumière naturelle : "il fait clarteux ici".

clenche ou clanche (n. f. - 12ème siècle) : poignée de porte ou de fenêtre.

Utilisé dans le nord de la France dès le 12ème siècle, ce mot désigne, en français moderne, le petit bras de levier dans le loquet d’une porte et qui prend appui sur le mentonnet.

clencher (v.) : ouvrir la porte

cocotte (n. f.) : pomme de pin

confiotte (n. f.) : confiture

cor de fourneau (n. m.) : tuyau

coriatte (n. f.) : petite courroie, corde, lien

cornet (n. m.) : sachet pour les courses

cosson (n. m.) : marchand ambulant de volailles, oeufs, beurre

couarail (n. m.) : veillée en été ; réunion chez les uns et les autres devant les maisons en été pour "causer"

Mot dérivé de l’ancien français : "carrogier" (causer sur la place publique), lui-même issu du latin "quadrivium" (carrefour).

coualé (adj.) : tordu, pas droit

couper au court (v.) : prendre un raccourci

courser (v.) : poursuivre

couverte (n. f.) : la couverture

craille (n. f.) : une éraflure

crâpi, -e (adj.) : ridé (personne, fruits)

crayon de papier (n. m.) : crayon

croquant (n. m.) : morceau de cartilage

croquante (n. f.) : nougatine

cru, -e (adj.) : froid humide et pénétrant

cruche à eau (n. f.)

crudité (n. f.) : quand il fait froid et humide

cul-bâillote (n. f.) : une galipette. (Ce mot est équivalent à "cul de Perette" dans le sud de la Meuse et à "cul bollot" ou "cul bodiot" dans les Vosges)

cul-patrelle (n. f.) : faire une roue

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D

débiscaillé, -e (adj.) : patraque, dérangé, avec des vêtements en désordre

dâbo (être le) : être le dindon de la farce

décrotter (v.) : nettoyer (terre, boue)

grattoir près de la porte d'entrée (JPG)

Grattoir ou gratte-pieds devant la porte d’entrée pour décrotter les chaussures

dégotter (v.) : réussir à trouver, obtenir (par l’effort, dans une lutte)

déhocher (v.) : déboîté

démonter (se) (v.) : se démettre un membre

dépaissir (v.) : éclaircir des plants

déqueugner (v.) : nettoyer, débarbouiller

dinguer (v.) : tinter

doucette (n. f.) : la mâche

drôlement (adv.) : dans le sens de "beaucoup" (voir expression lorraine)

drêt (adj.) : droit(e)

duvet (n. m.) : l’édredon

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E

écaille (n. f.) : un morceau

échalas (n. m.) : piquet de bois destiné à supporter le cep de vigne (sens propre) ; une personne grande et maigre (sens figuré). Exemple : "regardez-moi voir ce grand échalas-là...".

empaturer (s’) (v.) : se prendre les jambes dans les fils ou les ronces

eau (être en) (v.) : transpirer

embèche ou ambèche (n. f.) : récipient quelconque et, au sens figuré, une personne pas très dégourdie, maladroite

endêver (v.) : embêter

enqueugné : en désordre

enqueugner (s’) (v.) : toujours rester à la maison et devenir sauvage

escargot (n. m.) : pain aux raisins, (ce mot est d’origine relativement récente, et fait davantage partie des régionalismes que du patois).

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F

fiâche (adj.) : flétrie (salade, par exemple)

feugner (v.) : fouiller

fier, fière (adj.) : acide, aigrelet(te)

fiérot, fiérotte :
-  (n.) une personne qui fait la fière. "Regardez voir comme elle fait sa fiérotte maintenant"
-  (adj.) : un peu acide ou aigrelet. "C’est un peu fiérot"

fion (un) : quolibet, moquerie ("lancer des fions à quelqu’un" : se moquer)

flo (n. m.) : nœud de lacet ou nœud dans les cheveux des petites filles

fonges (n. f.) : fanes de carottes, par exemple

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G

gails ou gaille (n. f.) : un cheval

gailloir ou guévoir ou guéoir (n. f.) : endroit, construit ou non, où les chevaux s’abreuvent et se baignent.

Le gailloir ou guéoir de Vaudémont (JPG)

Le gailloir de Vaudémont est déjà indiqué sur un devis manuscrit de 1756. Il mesure 15,80 m de long, 9,24 m de large.
Il est entouré par un mur de 1,70 m.
Particularité de ce gailloir : il évacue l’eau du même côté que celui de son adduction.
Pavé de pierres debout, il était alimenté par l’abreuvoir situé à quelques mètres plus loin (de l’autre côté de la route).

galapiat (n. m.) : garnement, polisson.

A rapprocher du mot galapian en vieux français qui signifiait gamin.

gambette (n. f.) : jambe (origine picarde du 13ème siècle).

godot (n. m.) : un verre, un godet ("qui parle trop rince les godots")

goulotte (n.f. - avant 1694) : un conduit ou un passage pour le captage de l’eau ou de son écoulement : une rigole, une descente d’eau, tuyau d’évacuation des eaux usées d’un évier.

goulâfe (n. et adj.) : goinfre

goulée (n. f) : une gorgée

goyotte (n. f.) : économies, bas de laine

gratte-cul (n. f.) : baie d’églantier

grillé, -e (adj.) : état des plantes et des fleurs des arbres détruites par la gelée, la neige ou un excès d’humidité

gremouler (v.) : grommeler

grollon (n. m.) : un grêlon

gueniche (n. f.) : poupée, femme de mauvaise vie

Guiguitte : diminitif de Marguerite

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H

hallier (n. m.) : remise à bois

hachepailler (v.) : parler l’allemand, avoir un accent

hâler (v.) : secouer, hocher

halette (n. f.) : coiffe lorraine pour protéger le visage du soleil.

hartad (n. m.) : cultivateur mal équipé ou, au sens figuré, une personne en retard sur son époque

houspiller (v.) : secouer quelqu’un (sens figuré)

holtz (tête de) (v.) : têtu, "tête de bois"

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I

ièque : quelque chose ("ya pas grand ièque")

Vient du latin "aliquid" qui signifie "quelque chose".

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J

jacques (faire le) (n. m. : faire le clown, faire le malin

En 1357, le paysan français est surnommé le Jacques. Fin mai 1358, les Jacques se révoltent contre les seigneurs et ce sera "la Jacquerie" qui fut sévèrement réprimée, notamment par Henri V de Joinville-Vaudémont, seigneur de Chaligny. Sa cruauté est telle que le futur Charles V (régent de France pendant la captivité de son père Jehan II le Bon en Angleterre), le blâme.

jaunotte (n. f.) : girolle ou pièce de 20 F en or

jatte (n. f.) : jactance. Mot utilisé souvent précédé de "grande" pour en renforcer le sens. (voir les expressions lorraines

joint (n. m.) : une côtelette de porc

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K

L

la, le (devant le prénom) : par exemple, la Sidonie

lavette (n. f.) : chiffon de vaisselle

lavoter (v.) : laver

lavoterie (n. f.) : action des enfants qui jouent à laver quelque chose

lechure ou léchade (n. f.) : action de lécher

lichette (n. f.) : petite quantité de vin ou d’alcool qu’on ressert à un ami ou une connaissance en visite

"Licher" signifiait, autrefois, faire ripaille. "J’aymerois encore mieux ne manger que des choux et licher deux grains avec Diogène" (1585 - Dialogues de Tahureau).

"Lichette" : souper fin et "licheur (-euse)" : viveur (-euse)" : qui mène une vie de plaisirs.

loche (n. f.) : limace

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M

(être) mâchuré (v.) : se dit facilement à un enfant qui a la bouche ou le visage barbouillé par de la confiture, par exemple. (se) mâchurer le museau : se salir le visage ou, ironiquement, se maquiller.

mannequin (n. m.) : panier rond avec 2 poignées

mâmiche (n. f.) : vieille femme. "Etre habillée comme une mère Mâmiche" : être mal habillée

margatte (la) : boue liquide

margoulette (se casser la) : se casser la figure

meurotte (n. f., av. 1807) : vinaigrette avec de la crème, mais aussi migaine

mien (le) (pr. poss.) : souvent

migaine (n. f.) : pâte liquide à base d’œufs et de crème fraîche pour la confection de la quiche ou d’une tarte

minon (n. m.) : poussière pelucheuse

môon Dieu don ! : mon Dieu ! marque l’étonnement

mornifle (n. f.) : gifle

mouchatte (n. f.) : morve

mouise (être dans la) : avoir des embarras d’argent

Ce mot a peut-être été emprunté à l’allemand du sud : "mues" qui signifie "bouillie".

museau (n. m.) : la partie inférieure du visage.

(Au sens figuré) "ousque t’as encore été mettre ton museau ?" : "tu es encore allé t’occuper de choses qui ne te regardaient pas.

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N

nâchon (n. m.) : un enfant chétif, délicat

nâchonner (v.) : manger très peu, traîner en mangeant et laisser de la nourriture dans son assiette

néreux, -euse (adj., substantif - av. 1793) : personne qui n’aime pas manger dans l’assiette des autres ou qui trie la nourriture dans son assiette, qui éprouve facilement du dégoût ; au sens figuré : difficile.

nêmme donc : n’est-ce-pas

nice (adj.) : personne qui est difficile

nice cocotte (être) : être difficile, faire des manières

niquedouille (n. f.) : sotte. Est souvent précédé de "grosse" pour renforcer le sens du mot : espèce de grosse niquedouille !

nonon (n. m, av. 1879) : oncle (enfantin)

norotte (n. f.) : noisette

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O

œufs (rester sur ses) : rester célibataire

olivettes (faire les) : faire des petites choses

Expression employée parfois dans le sens de : faire tous les caprices ou les quatre volontés de quelqu’un (J.Pol Vautrin)

ostrogoth (n. m.) : personne qui ignore la politesse

-otte (suffixe) : suffixe utilisé en Lorraine en lieu et place du suffixe français "-ette". Variante : "-atte".

ouaré (n. m.) : gars (qué ouaré !)

ousque sont... ? : où sont... ?

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P

paire (en avoir une) : en avoir plusieurs, beaucoup.

pané (n. m.) : pan ou bas de robe, de chemise (voir expressions lorraines)

papouiller, faire des papouilles (v.) : chatouiller

paquis (n. m.) : prairie, terrain communal

parsi (n. m.) : persil

passotte (n. f.) : une passoire ; par métaphore, ce mot désigne une personne étourdie, qui oublie facilement ce qu’on lui dit : "il a la tête comme une passotte".

patin (n. m.) : les patins sont des chaussons d’intérieur

Depuis 1260, le mot "patins" désignaient des chaussures. Dans la seconde moitié du 19ème siècle, le mot "chaussons d’intérieur" est apparu. Mais le mot "patins" a continué à être employé en Lorraine pour désigner les pantoufles.

patinettes (des) : pièces de tissu sur lesquelles on avance en glissant sur un parquet ciré

Après l’apparition des chaussons d’intérieur ou pantoufles, le mot "patin" a été utilisé en français pour désigner la pièce de tissu avec laquelle on glisse pour protéger un parquet ciré, tandis que le mot "patinette" était créé en Lorraine pour désigner le même objet.

peût, peute (adj. et n.) :
-  vilain, laid, mais aussi méchant (oh, les peutes gens !)
-  une peute bête : un animal nuisible, mais aussi une personne malveillante

Autrefois, le diable était aussi dénommé "le peut" ou "le puant".

pierre à eau (n. f., av. 1807) : l’évier souvent en pierre dans les vieilles maisons lorraines

pinchard, -e (adj.) : criard(e), aigu(e), haut perchée en parlant d’une voix

pincher (v.) : parler d’une voix criarde

pinéguette (une) : pimbêche

piquette (n. f.) : vin léger pressé (excellente boisson pour la fenaison) obtenu en ajoutant de l’eau sucrée sur les restes du raisin... mais à user avec modération, car ce vin, s’il coupe bien la soif, est un peu traître

piot, piotte (n.) : le petit, la petite

point d’heure : tard (jusqu’à point d’heure)

poreau ou poratte (n. m.) : un poireau

pot de camp (n. m.) : récipient métallique (en aluminium ou émaillé), de forme ovale et avec une anse, souvent avec deux compartiments superposés fermés par un couvercle, dans lequel on emporte le repas de midi sur son lieu de travail. On l’utilisait aussi pour aller acheter de la crème à la ferme.

pouillatte (la) : base du cou, nuque, cuir chevelu

pouillotte (la) : petite et jeune salade enlevée quand on éclaircit les plants

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Q

quarantaine (messe de) : messe célébrée en l’honneur du défunt, 40 jours après son enterrement. Au 16ème siècle, la messe de quarantaine était célébrée pour un mort pendant 4O jours après son décès.

quenotte (n. f.) : dent d’enfant

quaouatte (n. f.) : petite queue

quaouatter : se déplacer (encore en train de quaouatter partout !)

quiche (n. f.) : tarte à pâte brisée (ou feuilletée), garnie d’une migaine et de lardons. Elle se mange chaude.

La quiche lorraine, est connue depuis le 16ème siècle. A cette époque, elle était faite à base de pâte levée (pâte à pain) et recouverte d’une migaine. Le duc de Lorraine, Charles III, (fils de François 1er et de Christine de Danemark) en mangeait régulièrement.

quoiche (n. f.) : la prune et la questche alsacienne

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R

rabibocher (v.) : remettre ensemble

raminer (v.) : ruminer (des pensées)

raouer (v.) : quand les matous miaulent au moment des amours (au sens figuré : traîner, par exemple : "où vas-tu encore raouer ce soir ?")

raousse (n. f.) : une correction, une rossée

râpiat (n., adj.) : avare

ratapouiller (v. : réparer

rayotte (n. f.) : espace laissé entre le lit et le mur, dans une alcôve. A Maron, la ruelle du Vergeron est surnommée "la rayotte"

raouée (n. f.) : virée dans les bistrots... ou une virée tout court

ravoir (v.) : nettoyer un ustensile ou un objet très encrassé

rebabouiller (v.) : répondre durement, rembarrer quelqu’un

rebêchotte (n. f.) : serfouette (fer en forme de lame d’un côté et de fourche ou langue de l’autre).

relavotte (n. f.) : pièce de tissu qui sert à laver la vaisselle ou essuyer la table (voir expressions lorraines)

rencoquiller (se) (v.) : se renfermer sur soi-même, comme dans une coquille

ressépi, -e (adj.) : desséché ("ma viande a trop attendu, elle est toute ressépie")

revoyotte, revoyure (à la) : à bientôt, au revoir

ric et rac (ou rique et raque) : de justesse, exactement, "pile poil" ; exemple : j’étais ric et rac ce mois-ci signifie j’ai pu terminer le mois sans dette, mais sans faire quelques économies.

rincée (prendre une) : être trempé par une averse

rôbatte (n. f.) : une petite robe

rogaton (n. m.) : reste de repas, mais peut signifier aussi une personne très petite, malingre

rouater (v.)). : regarder

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S

sâpré, -e (adj.) : sacré (une sâprée peur !)

schlague (n. f.) : une correction sévère. Mais aussi récemment "arrête ta schlague" signifie : arrête de m’embobiner.

secouotte (n.f.) : crochet muni d’un long manche pour secouer les branches afin de faire tomber les fruits

socotte (n. f.) : une fille grande et maigre

souffler la lumière (v.) : éteindre la lampe

soyotte (n. f. : danse folklorique vosgienne

Vient de l’allemand "sagen" qui signifie "scier". Les mouvements de bras des danseurs évoquent ceux des scieurs de long vosgiens (les sagards).

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T

tendelin (n. m.) : hotte de vendange

teûgniat (n. m.) : mou, sans énergie, qui ne communique pas, n’agit pas franchement, mais aussi personne en retard sur son époque

teussât : qui tousse beaucoup

tioche (n. f.) : la cloche

toc (n. m.) : le trognon, une souche d’arbre

tontiche (n. f.) : une poupée

toquée (n. f.) : touffe de fleurs, de rhizomes, ou de cives

toquer (n. m.) : frapper (à une porte)

torchon (passer le) : passer la serpillière sur le sol

tortout : tout

tosser (v.) : têter ou bien boire

tossotte (n. f.) : la tétine

touiller (v.) : remuer (la soupe, par exemple)

toupien (adv.) : beaucoup

tournisse (n. m.) : vertige

tout : est souvent utilisé pour renforcer le sens d’un mot, comme tout partout

traînasse (n. f.) : herbe filante

trâouire (n. f.) : femme de mauvaise vie, femme sale

tringuelte (n. f.) : pourboire

tripette (ne pas valoir) : ne pas valoir cher, avoir peu de valeur

trique (n. f.) : gros morceau de pain

trisser (v.) : éclabousser

trisser (se) (v.) : se sauver

trochée (n. f.) : rejet sur une souche

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U

usoir (n. m.) : large espace devant la maison lorraine (entre la maison et la rue), typique dans les villages lorrains. Cet espace n’est pas privatif, mais appartient à la commune. Au fil des ans, certains se le sont appropriés et parfois l’ont même clôturée. Le Conseil Régional de Moselle et la commune de Dieuze souhaitent récupurer ces espaces.

Usoir et tas de fumier déposé sur l'usoir (JPG)

Tas de fumier déposé sur l’usoir

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V

vâillotte (n. f.) : une vache

venir (v.) : employé au lieu de "devenir" ; exemple : je viens vieux, c’est tout des excuses pour ne rien faire

verrine (n. f.) : pot pour la confiture ou terrine pour le pâté, ou contenu du pot ou de la terrine.

Ce mot est utilisé depuis le premier quart du 12ème siècle pour désigner des objets manufacturés en verre, aussi bien le tube de verre du manomètre (1721) que la cloche de jardin (1819). En Lorraine, il désigne spécifiquement un récipient en verre dans lequel confitures ou pâtés sont conservés ; par extension : contenu du récipient. Depuis peu, l’emploi du terme "verrine" s’est étendu à l’Alsace, sans doute par opposition à "terrine".

voir (v.) : regarde voir ça, mange voir ça

volette (n. f.) : claie en osier sur laquelle on pose les tartes et les gâteaux pour les faire refroidir

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W

X

Y

Z

zaubette ou zauguette (n. f.) : petite fille turbulente

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Sites externes :

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-  Dictionnaire en ligne : mots et merveilles des mots d’ici et d’ailleursLexilogos (GIF)

-  Accents des Français, avec deux enregistrements de l’accent lorrain du Tholy (près de Gérardmer).




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Mis en ligne le mercredi 6 avril 2011 par Axsane
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